Quelle est l'augmentation de loyer recommandée au Québec en 2026 ?
Le TAL recommande une hausse moyenne de 3,1 % en 2026. Cette hausse peut être supérieure lorsque des rénovations majeures, des augmentations de taxes ou des hausses d'assurance le justifient.
En bref : depuis le 1er janvier 2026, le Québec applique une nouvelle méthode de calcul pour la fixation des loyers, basée sur seulement 4 critères plutôt que 13 auparavant. Le Tribunal administratif du logement (TAL) recommande une hausse moyenne de 3,1 % pour 2026, un taux calculé à partir de la moyenne de l'Indice des prix à la consommation (IPC) sur trois ans. Cette hausse peut être plus élevée si des travaux de rénovation majeurs, une augmentation des taxes foncières ou des primes d'assurance le justifient.
Pourquoi le Québec a changé les règles de fixation de loyer
La réforme entrée en vigueur le 1er janvier 2026 vise à simplifier un mécanisme jugé trop complexe et imprévisible, autant pour les locataires que pour les propriétaires. Le gouvernement souhaitait notamment éviter les « chocs tarifaires » qui avaient marqué les dernières années.
Une première réforme en 40 ans
Le Règlement sur les critères de fixation de loyer n'avait pas connu de modification en profondeur depuis quatre décennies. La nouvelle mouture remplace le calcul basé sur les revenus et dépenses d'exploitation par une méthode appuyée sur l'évolution moyenne de l'Indice des prix à la consommation (IPC) général du Québec, calculée sur une période de trois ans.
Les critiques du système précédent
La réforme fait suite à plusieurs années de controverse. En janvier 2025, le TAL avait recommandé une hausse jugée « historique » de 5,9 %, suscitant de vives réactions. Pour un propriétaire, cette imprévisibilité rendait la planification budgétaire difficile d'une année à l'autre — un problème que la nouvelle méthode cherche justement à corriger en rendant le calcul plus stable et plus facile à anticiper.
La nouvelle méthode de calcul du TAL expliquée
Concrètement, le TAL ne présente plus une recommandation basée sur une analyse individualisée des revenus et dépenses de l'immeuble, mais s'appuie désormais sur la moyenne de l'IPC.
Les 4 critères retenus (contre 13 auparavant)
La nouvelle grille de calcul retient uniquement :
- La moyenne de l'Indice des prix à la consommation (IPC) des trois dernières années
- La variation des taxes foncières
- La variation des primes d'assurance
- Les dépenses liées à des travaux majeurs, lorsqu'applicable
Le rôle de l'Indice des prix à la consommation (IPC)
L'IPC général du Québec sert désormais de base principale au calcul, ce qui permet d'ancrer la hausse de loyer sur l'évolution réelle du coût de la vie plutôt que sur une évaluation complexe et propre à chaque immeuble. Cette approche est similaire à celle utilisée dans plusieurs autres provinces canadiennes, ce qui devrait faciliter la compréhension du calcul autant pour les propriétaires que pour les locataires.
Cas particulier — les résidences privées pour aînés (RPA)
Les RPA font l'objet d'un calcul distinct puisqu'elles offrent aussi des services à leurs résidents. Une hausse est calculée pour la portion « logement », et une autre, indépendante, pour la portion « services » (assistance personnelle, soins infirmiers, préparation de repas), cette dernière étant liée à la composante santé de l'IPC.
Quelle est la hausse suggérée pour 2026 ?
Le taux recommandé de 3,1 %
Pour l'année 2026, le TAL recommande une hausse moyenne de 3,1 % des loyers, un taux nettement inférieur à celui de l'année précédente et jugé plus stable par plusieurs observateurs du marché locatif québécois.
Quand la hausse peut dépasser 3,1 %
Ce taux constitue une moyenne, pas un plafond légal fixe. Certaines situations précises permettent à un propriétaire de justifier une augmentation supérieure.
Rénovations majeures et travaux
Si l'immeuble a fait l'objet de travaux de rénovation importants, le propriétaire peut inclure une partie de ces dépenses dans le calcul de la hausse, en suivant la méthode officielle du TAL.
Taxes foncières et primes d'assurance
Lorsque les taxes foncières ou les primes d'assurance de l'immeuble ont progressé de plus de 3,1 % au cours de l'année, cette variation additionnelle peut être répercutée dans le calcul de l'augmentation.
Comment appliquer une augmentation de loyer légalement
Augmenter un loyer ne se fait pas de façon informelle : la loi impose des délais et une procédure précise, et une erreur de forme peut invalider la démarche.
L'avis de modification de bail — délais à respecter
Le propriétaire doit transmettre un avis de modification de bail dans les délais prescrits avant l'échéance du bail. Le non-respect de ce délai peut entraîner la reconduction automatique du bail aux conditions précédentes — un piège fréquent qui figure d'ailleurs parmi les erreurs juridiques les plus fréquentes commises devant le TAL.
Que faire si le locataire refuse la hausse
Si le locataire ne répond pas à l'avis dans le délai prévu, il est présumé avoir accepté les nouvelles conditions. S'il refuse explicitement, deux avenues s'offrent au propriétaire.
La négociation
Dans bien des cas, un échange direct et documenté avec le locataire permet d'arriver à un terrain d'entente sans passer par une procédure formelle — c'est souvent l'option la plus rapide et la moins coûteuse pour les deux parties.
Si aucune entente n'est possible, le propriétaire peut déposer une demande de fixation de loyer auprès du TAL, qui tranchera. Il faut toutefois prévoir un délai : le temps moyen entre le dépôt d'une requête et la première audience dépassait neuf mois en 2024-2025.
Foire aux questions
Un propriétaire est-il obligé de suivre le taux recommandé par le TAL ?
Non, le taux recommandé n'est pas une obligation légale mais une référence. Un propriétaire peut proposer un taux différent, mais s'expose à un refus du locataire et, potentiellement, à une demande de fixation de loyer devant le TAL si aucune entente n'est trouvée.
Que se passe-t-il si un locataire refuse la hausse et décide de quitter le logement ?
Un locataire qui refuse une augmentation de loyer n'est pas automatiquement forcé de rester ni de partir immédiatement : des règles précises encadrent la fin du bail dans ce contexte. Notre article sur comment quitter son logement avant la fin du bail au Québec détaille les démarches applicables.
La nouvelle méthode de calcul s'applique-t-elle à tous les baux ?
La nouvelle méthode s'applique aux avis de modification de bail transmis à compter de son entrée en vigueur. Les règles précises concernant les cas particuliers (membres d'une coopérative, logements à loyer modique) sont détaillées sur le site du TAL.
Gérer ces augmentations soi-même, est-ce risqué ?
Une erreur dans les délais, la forme de l'avis ou le calcul peut invalider la hausse ou entraîner un recours devant le TAL. C'est l'une des raisons pour lesquelles de nombreux propriétaires choisissent de confier cette tâche à un service de gestion locative professionnel, qui s'assure du respect des délais et de la conformité légale de chaque démarche.
Besoin d'aide pour appliquer une hausse de loyer conforme à la loi ?
Notre équipe s'occupe des avis de modification de bail, des délais légaux et du suivi complet auprès de vos locataires — pour que chaque augmentation soit appliquée sans erreur ni risque de contestation.
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